| Jacques
Thuilier rapproche stylistiquement La messe pontificale de
deux autres cuivres datés et signés, dont la Réunion
musicale ; suggèrant que ces tableaux caractérisent
une des manières Le Nain, trop hativement regroupés
peut-être sous le prénom d'Antoine.
On
peut se demander ajoute t-il "si tout autant qu'à une
personnalité capable d'expressions toutes différentes,
ces mêmes qualités et défauts ne renvoient pas
d'abord à un type de production: petits tableaux touchés
vivement,
plaisant au public par leur naîveté même, vendus
à des prix abordables et qui durent être nombreux et
de bon revenu pour l'atelier".
Ci
dessous,La Réunion musicale ,détail de la robe
en premier plan |
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Héros
de notre tableau , Thomas Becket était le compagnon le plus
assidu et le plus intime du roi Henri II Plantagenêt
avec lequel il partageait les amusements les plus mondains et les
plus frivoles.
Elevé en dignité au dessus de tous les normands, il
affectait de les surpasser en luxe et en pompe seigneuriale. Becket
entretenait à sa solde sept cents cavaliers complètement
armés. Les harnais des chevaux étaient couverts d'
or et d' argent; sa vaisselle était magnifique et il tenait
table ouverte pour les personnes de haut rang.
Gardien du sceau à trois lions qui
était le signe légal du pouvoir fondé sur la
conquête, Thomas se comportait en vrai et loyal chancelier
d' Angleterre, selon le sens déjà attaché à
ces mots , c' est à dire qu' il travaillait de tous ses efforts
à maintenir, à augmenter même le pouvoir personnel
du roi envers et contre tous les hommes sans distinction de race
ni d' état, Normand ou saxons, clercs ou laïques.
Son incontestable habileté en affaire le fit remarquer
par les partisans de la réforme ecclésiastique qui
le jugèrent propre à en devenir le principal instrument;
et, bien longtemps avant la mort de l' archevêque Thibaut,
c' était déjà le bruit commun à la cour
que Thomas Becket obtiendrait la primatie.
Lorsque Thibaut mourut en 1161, le roi recommanda son ami Thomas
au choix des évêques qui opposèrent une grande
résistance; et déclarèrent ne pouvoir élever
au siège du bienheureux Lanfranc, un chasseur, un guerrier
de profession, un homme du monde et du bruit.
Henri s'obstina contre toutes les remontrances et jura par
Dieu que Thomas Becket serait archevêque et primat d'Angleterre.
Henri II tenait alors sa cour en Normandie et Thomas s'y trouvait
avec lui. Dans une des conférences qu'ils avaient habituellement
ensermble sur les affaires de l'état, le roi demanda à
Becket de se préparer à repasser la mer pour une commisssion
importante...
"J'obéirais répondit Thomas, dès que j'aurai
reçu mes instructions?
Quoi! reprit le roi, tu ne devines pas, je veux fermement que ce
soit toi qui devienne archevêque."
Becket se mis à sourire, et levant un pan de son riche
habit:"voyez un peu dit-il l'homme édifiant,
le saint homme que vous voudriez charger de si saintes fonctions.
D'ailleurs, vous avez sur les affaires de l'église des vues
auxquelles je ne pourrais me prêter; et
je crois fermement que si je devenais archevêque, nous ne
serions bientôt plus ami.
Le roi reçu cette réponse comme un simple badinage
et sur le champs, un de ses justiciers porta de sa part aux évêques
d'Angleterre, qui depuis treize mois retardaient l'élection,
l'ordre formel de nommer Becket sans délais!
C'est ainsi que Thomas Becket devint le cinquième primat
depuis la conquête.
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