| L'ancienne
capitale et ultime possession des derniers carolingiens, telle qu'elle
apparaît sur sa colline au sortir de Liesse Dominant
toute la ville, pour mieux dire, la province, Notre Dame de Laon,
une des premières cathédrales gothiques; le chevet
et les tours sont achevés vers 1230.
Ci contre en
premier plan, la tour St.Thomas de Canterbury et la façade
du transept Nord, ou Gautier de Mortagne consacra peu après
1173, le premier sanctuaire à son ami Thomas
De la grande
rose, massive, une des premières, construite aux confins
du haut Moyen-âge, émmane une impression étrange
de réminiscences barbares. Elle contient les allégories
des sept Arts Libéraux déja enseignés à
Laon par Martin Scot, sous Charles le Chauve.
Une "rue des Scots" rappelle toujours la présence
des moines irlandais et l'importance de l'école épiscopale
dans la ville des derniers carolingiens.


Laon
garde aussi la trace des hôtes illustres qui ont déterminé
la culture et la pensée occidentale au début du XIIe.sciecle.
Dialectitien éblouissant, Abelard vint étudier à
Laon, attiré par la renommée d'Anselme.
Sage et pondéré, Anselme de Laon su appliquer la méthode
scolastique pour jeter les bases de l'université de Paris
avec un autre élève moins tumultueux, Guillame de
Champeaux.
Mais la ville est aussi le lieu de séjours et d'échanges
pour d'autres contemporains aussi prestigieux que Saintt Bernard
et Barthélémy de Vir, cofondateurs de la toute proche
abbaye de Foigny (1121), ou Saint Norbert que l'un et l'autre ont
aidé. Ces
quelques éminentes personnalités synthétisent
le fondement de l'exeptionnel essor intéllectuel, dominé
au siècle suivant par les ordres mendiants.
Pour
ce faire, le merveilleux talent d'organisateur de Saint Dominique
trouve naturellement une partie de sa source près de Laon,
chez les moines Prémontrés.
Il en adopte quasi -intégralement la règle immaginée
par Saint Norbert près d'un siècle plus tôt,
en 1120, avec l'aide peut-être de Barthélémy
de Vir , évèque de Laon qui à donné
le terrain de Prémontré, à quelques encablures
de la ville. |
|
 |
|
| |
|
|
|
|
|
Il est admis que la tour ci-dessus prenne le nom de tour Thomas
Becket en souvenir du séjours que fit le saint chez
son ami Gautier de Mortagne en 1163. Cette précision
paraît nécessaire au promeneur d'aujourd'hui
qui chercherait en vain une tour St.Thomas, souvent rebaptisée
St Paul... peu s'en fallu que la rue des Scots ne disparaisse
aussi , transformée un temps en "rue des échos".
La mention,
1163 précède d'un an au moins l'exil en France
de Thomas qui abordera à Gravelines le 16 ou 17 Octobre
1164 déguisé en moine; d'où il se rendit
par St Omer à Soissons où était le roi
Louis VII, et ensuite à Sens où il fut reçu
solennellement par le pape Alexandre III qui y tenait alors
sa cour.
Après deux ans à l'abbaye de Pontigny où
il prend l'habit des moines de Citeaux, c'est encore à
Sens qu'il se réfugie, au couvent Ste Colombe jusqu'en
Novembre 1170 probablement, puisqu'il est de retour à
Cantorbéry le 2 décembre, moins d'un mois avant
son assassinat.
Il conviendrait donc de rapprocher la halte de 1163 à
l'année du concile général de Tours.
Car Thomas était présent et même y postulait
la cannonisation de son prédécesseur Anselme
de Cantorbery. La route du retour en Novembre 1170, de Sens
à Douvres par Gravelines ou Calais passe aussi par
Soisson, ou Laon.
Thomas y rencontra t-il une dernière fois Gautier de
Mortagne?. Le transept en tout cas était déja
en construction dès 1163, et Thomas pouvait vraissemblablement
y toucher du doigt les parois ou proche de l'hotel qui lui
sera consacré 10 ans plus tard. Citons le chanoine
Auguste Bouxin dans son historique de Notre Dame de Laon :
"Le transept est avec les trois premières travées
du coeur, la partie la plus ancienne de la cathédrale;
il remonte en très grande partie à l'épiscopat
de Gautier de Mortagne (1155-1174), ou à celui de son
prédécesseur, Gautier de St Maurice (1151-1155),
peut-être même aux dernières années
que Barthélémy de Vir passa sur la Siège
de Laon (1145-1150). Je dis en très grande partie ,parce
que plusieurs chapiteaux pourraient être attribués
à une époque antérieure".
En
place vers 1180, les vitraux de la Rose des Arts Libéraux
auxquels s'ajoute la médecine aussi enseignée
à Laon, sont parvenus jusqu' à nous
.
La Philosophie
ou la Théologie
ou peut-être la sagesse issue de la connaissance,
occupe au centre la place d'honneur. D'une main elle tient
un livre ouvert, de l'autre le sceptre de la supériorité
et du commandement; une échelle est appuyée
sur sa poitrine, et sa tête touche les nues,( le même
sujet est reproduit en sculpture dans la fenêtre gauche
du grand portail). la Rhétorique
occupe le médaillon placé au dessus du vitrail
central et en descendant vers la droite, nous trouvons :la
Grammaire, la dialectique, l' Astronomie, l'
Arithmétique en
bas au centre;
puis en remontant vers la gauche: la
Médecine, La Géométrie, la musique.
La hauteur
de la tour à gauche de la rose n'exède pas celle
de la façade. Elle s'ouvre par contre vers l'est sur
deux vastes chapelles supperposées terminées
en absidioles à sept pans.
Celle du rez de Chaussé est dédiée à
Notre Dame du Rosaire. Elle reçois la lumière
par six vitraux en lancette illustrant les mystères
du Rosaire et la légende de Liesse .
Dédiée à Thomas de Cantorbery, la chapelle
de l'étage dont l'éclairage bénéficie
de deux rangs de lancettes passe pour la plus belle de la
cathédrale.
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Recherches
iconographiques:
- Thomas Becket
- Saint Dominique
- Joseph?et la Vierge
- L'enfant à
la chandelle, un tableau perdu des Le Nain.
- La sagesse par le savoir,autre représentation
du début XVIIeme

Laon,
"Promontoire Sacré",
pour reprendre l'heureuse qualification de Mme Suzanne Martinet.Outre
sa cathédrale visible à l'horizon, la ville du XIIe. siècle
ne comptait pas moins de 4abbayes, 45 églises et 17 Chapelles.

Maître hotel
de Notre Dame de Liesse, offert par Marie de Médicis en 1610 pour
la naissance de Louis XIII.
Haut lieu de foi
dès le XIIIe siècle ,et tôt géré par
le puissant Chapitre Cathédrale de Laon, Notre Dame de Liesse sera
le plus important pélerinage marial jusqu'au XIX e siècle.
Depuis Charles VI
jusqu'à Charles X., la plupart des rois de France sont venus à
Liesse.
Les Le Nains connaîtront l'apogé
du sanctuaire au XVIIe.siècle. Louis III y vient au moins cinq
fois, sans compter les pélerinages qu'Anne d'Autriche fait seule
,disant publiquement qu'elle devait la naissance de son fils à
Notre Dame de Liesse; en sorte que Louis XIV y viendra lui même
tout autant. |
|