Un
Retour à la ferme très
différent, précède le nôtre exposé
au Salon de 1849. Acheté par le ministère, ce
tableau de Troyon consacre
définitivement,
dès 1850, sa réputation
de plus grand animalier vivant .Charles Blanc nous décrit
cette uvre ou l'on voit sortir d'un brouillard lumineux un
troupeau de moutons conduit par une fermière montée
sur un âne. Une réplique est achetée par Diaz
en 1855.
Plus
tardif, notre Retour à la ferme n'apparaîtra
qu'au Salon de 1859. Troyon est en retard. Il écrit le 15
mars à M. de Nieuwerkerke pour demander un délai supplémentaire.
Une annotation des archives du Louvre indique : accordé jusqu'au
1er avril.
Troyon expose six tableaux au salon : le Retour à la
Ferme, le Départ pour le marché, Vue prise des hauteurs
de Suresnes, Vache qui se gratte (vache blanche), Vache
allant au champs, Etude de chien (rapportant une perdrix ).
Dans
une critique de cette exposition de 1859, Louis Auvray décrit
notre tableau. " La température change dans le Retour
à la ferme ; le soleil décline, mais ses derniers
rayons dorent encore le campagne ; c'est la fin d'une belle journée
; c'est le calme de la nuit qui commence ; c'est l'heure du repos
pour la nature comme pour l'homme des champs.
Après
avoir passé des heures à contempler les six tableaux
de M. Troyon, on ne sait ce qu'ont doit admirer le plus des animaux
ou du paysage car paysage et animaux sont rendus avec un charme,
une vérité que personne n'a réussi à
un si haut degré. "
Quatre
des six tableaux de l'exposition de 1859 rejoindront le Louvre,
parmi lesquels, important par ses dimensions, le Retour à
là ferme à longtemps figurer en place d'honneur.
Il est aujourd'hui au Musée d'Orsay.
Troyon
lui-même y attachait une importance particulière. Il
l'a fait lithographier par son ami Moynet, et en a fait au moins
deux répliques moins encombrantes puisque nous avons pu en
identifier une deuxième, d'une dimension légèrement
supérieure à celle de notre tableau.
Cette dernière est passée en vente le 22 mai 1990
chez Chritie's à New York sous une appellation erronée
: le Troupeau au bord de la rivière. ( 65 x 92 cm.)
Nous ne connaissons ce tableau que par la photo, mais son ciel est
à l'évidence très proche du nôtre.
Ces ciels, résolument différents de celui du tableau
d'Orsay, constituent l'unique variante de composition et expliquent
la liberté que nous prenons de rebaptiser le tableau réapparu
en mai 1990.
Est-ce ou était -ce ? celui de la Vente Henry de 1912 qui
n' aurait simplement pas quitté New York pendant 78 ans.
Comme
souligné en préambule, notre tableau qui ne comporte
aucune faiblesse reste, un siècle et demi après, un
témoin émouvant de la virtuosité du maître.
Il est signé en bas à gauche, et probablement dans
son cadre d' origine.
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